Yen Chun Lin (TW, 1990) & Gediminas Žygus (LT, 1991)
Période de résidence : janvier-mars 2026
Dans le calme de l’hiver, certaines formes de vie semblent hiberner ; dans l’obscurité du tunnel, elles rêvent. Durant la résidence à La Becque, nous avons poursuivi notre projet en cours, Tunnel, en nous concentrant sur le développement d’un album explorant l’inconnu océanique.
L’« inconnu océanique » est une sensation intime au cœur de l’obscurité de l’océan — un espace de corps dissous et de rêves, où la perception est façonnée par l’émotion et le ressenti plutôt que par la lumière. Sous la surface, toutes les formes de vie sont portées par la même eau, les mêmes vibrations transmises à travers l’océan, les mêmes mémoires d’une conscience collective. En écoutant les souvenirs qui circulent dans les tunnels, notre projet explore l’obscurité, la synchronisation chaotique, l’intimité interespèces et les entités spectrales, à la recherche d’un état d’existence proche de celui de l’océan.
Sur le plan sonore, notre travail explore la relation entre la représentation et le ressenti incarné, ainsi que la mémoire de lieux, d’environnements, de régions, de dimensions et de réalités hybrides — ces traces difficilement saisissables de sons, d’émotions et de compréhension transportées d’un rêve vers un corps éveillé. Comme lorsqu’on entre dans un tunnel, le son de l’environnement précédent est aspiré vers l’abstraction, ne laissant subsister que des fréquences ressenties dans le corps. Tandis que les yeux cherchent des formes reconnaissables dans l’obscurité puis renoncent peu à peu à les saisir, les oreilles commencent à voir. — Yen Chun Lin & Gediminas Žygus
Basé·e·s à Berlin, l’artiste taïwanaise Yen Chun Lin et l’artiste lituanien Gediminas Žygus collaborent depuis 2023, réalisant des installations sonores et des performances présentées notamment à Creamcake (Berlin), au Taipei Fine Arts Museum et au Contemporary Art Center (Vilnius).
Yen Chun Lin, qui selon ses propres termes vit et travaille entre l’endormissement, l’éveil et un état suspendu entre la vie et la mort, explore le silence, l’obscurité, la vulnérabilité et l’amour à travers des paysages sonores sculpturaux, des performances et des récits.
Gediminas Žygus développe une pratique mêlant design narratif, performance, albums et courts-métrages, présentée entre autres au Barbican Centre (Londres), à la Biennale de Venise, au Centre Pompidou, au Palais de Tokyo (Paris) et à l’ICA London.
Ensemble, iels explorent l’inconnu à travers des échanges de sons, de rêves et d’histoires, associant physicalité et perception subtile en œuvres immersives et poétiques.
Yen Chun Lin & Gediminas Žygus, La Becque, 2026, photo Matthieu Croizier et Aurélien Haslebacher