Samir Laghouati-Rashwan (FR/MA/EG, 1992)
Période de résidence : septembre-novembre 2025
instagram.com/samirlaghouatirashwan
Mon projet de résidence partait d’une lecture, celle du livre Le loup et le musulman de Ghassan Hage, ainsi que d’une réflexion que je porte depuis quelques années dans ma pratique autour de la représentation des hommes arabes, des chiens considérés comme violents et des projections négatives émises sur leur corps.
Pendant ces trois mois, j’ai reçu une invitation de l’artiste Gina Proenza à écrire un texte en lien avec son solo show à La Salle de bains à Lyon, qui se concentrait sur la figure du loup. Après avoir performé ce texte à l’espace d’art, j’ai pu profiter du studio d’enregistrement à La Becque pour enregistrer ma voix lisant ce texte, afin de l’utiliser dans ce qui deviendra une installation.
Le texte est une litanie de mots décrivant, dans un sens péjoratif, les loups, les chiens « violents » et les hommes arabes. À mesure que la litanie s’enchaîne, on n’arrive plus vraiment à savoir qui ou quoi ces mots désignent. À cette liste, une série de questions interpelle : si l’humain était un animal, quel genre d’animal serait-il ?
J’ai aussi pu profiter de ce temps de résidence à La Becque pour produire une série de têtes de rottweiler, pitbull et doberman en 3D, qui s’ajouteront à la pièce sonore.
Ce moment m’a aussi permis de commencer la recherche pour ma prochaine performance ACTING FANTASMA, qui est co-produite par l’Arsenic à Lausanne et Actoral à Marseille, ainsi que de finaliser un film que j’ai tourné à Houston lors de rencontres « slab car ». — Samir Laghouati-Rashwan
Basé à Marseille, Samir Laghouati-Rashwan est un artiste et performeur franco-marocain-égyptien qui crée des récits à partir d’archives, en utilisant des médiums tels que le film, la photographie et la sculpture. Son travail explore les politiques de l’espace et du corps, avec un accent particulier sur les représentations des individus issus des diasporas dans les productions culturelles médiatisées et les espaces artistiques institutionnels. Créant des situations à la fois réalistes et fantasmagoriques avec un ton qui oscille entre l’amusement et la vulnérabilité, il retrace des histoires marginalisées ou oubliées et explore le déplacement géographique et la réappropriation linguistique comme témoignages des systèmes de domination.
1-2: Samir Laghouati-Rashwan, La Becque, 2025, photo Matthieu Croizier
3-5: Samir Laghouati-Rashwan, La Becque, Open Studios, 2025, photo Aurélien Haslebacher