Jenna Kaës (FR, 1987)
Période de résidence : septembre – octobre 2025
Durant ce mois de résidence à La Becque, j’ai pu initier trois projets destinés à une prochaine exposition du mudac à Lausanne (prévue en novembre 2026) consacrée au thème de la magie.
Une immersion dans l’univers des sonnailles (cloches de bétail) a été rendue possible par la rencontre d’Olivier Grandjean, fondateur de la Maison de la Cloche et de la Mémoire populaire à Juriens. De cet échange est née une pièce sonore, référencée aux « spirit cabinets » des frères Davenport, où le son agit comme un vecteur d’apparition et de trouble.
Un second projet s’est construit autour d’un dispositif volontairement simple permettant l’émanation d’ectoplasmes. Mises en mouvement sans intervention visible, ces formes laissent place à l’action de l’invisible et à l’ambiguïté du phénomène.
Enfin, une production inattendue a émergé : la réalisation de figures-poupées en céramique et tissu. Elles constituent progressivement une série de dioramas mettant en scène l’histoire de la médiumnité. Entre reconstitution, fiction et mémoire, ces épisodes emblématiques se figent en scènes suspendues entre croyance et théâtre.
Cette résidence fut également marquée par un dialogue soutenu avec Alexandra Midal, commissaire de l’exposition au mudac. Nos échanges réguliers, nourris par la confiance qu’autorise le temps long, ont ouvert un rare espace de réflexion partagée. Ils ont accompagné la maturation des pièces, offrant un terrain fertile où recherche théorique et pratique plastique se sont entremêlées. — Jenna Kaës
Invitée à La Becque dans le cadre d’une résidence en partenariat avec Plateforme 10, Jenna Kaës est une designer française basée à Paris dont le travail explore les dimensions symboliques et mystiques des objets, en particulier ceux liés à la mémoire. À la frontière entre art et religion, elle a notamment conçu des vitraux pour une église en Normandie et collaboré avec un monastère de carmélites à Verdun. Elle travaille également avec des entreprises attachées à la préservation des savoir-faire artisanaux traditionnels, un intérêt qu’elle a développé au cours de ses études à la Haute école des arts du Rhin à Strasbourg et à l’ECAL/École cantonale d’art de Lausanne. Jenna Kaës s’est aussi intéressée aux formes d’expression populaires à travers des résidences comme Hors Pistes au Groenland, où elle a collaboré avec des artisans inuits.
Jenna Kaës, La Becque, 2025, photo Aurélien Haslebacher