Embaci (US, 1997)
Période de résidence : janvier-mars 2026
Née à Brooklyn et d’origine trinidadienne, Embaci est une artiste pluridisciplinaire et musicienne qui façonne des univers mêlant son, technologie et narration. Sa pratique déploie des formes célestes et changeantes à travers sa voix de contralto éthérée — oscillant entre résonance et distorsion — utilisée à la fois comme instrument et comme portail vers de nouvelles dimensions sonores. Formée à l’opéra et au jazz, elle mêle techniques classiques et production expérimentale, brouillant les frontières entre les genres et laissant une large place à l’improvisation. Son travail intègre des fragments sonores — messages vocaux, extraits de films et enregistrements environnementaux — prolongeant la voix vers de nouveaux champs d’expression. À travers des performances qui conjuguent héritage et projections futures, elle crée des espaces interactifs propices à la connexion, au sentiment d’appartenance et à la découverte.
Lors de sa résidence à La Becque, Embaci développe Lilt Shimmer, une performance musicale et une partition retraçant le son jusqu’à ses origines, en écho à l’émergence de la vie à partir de l’eau. S’inspirant de poissons préhistoriques et des espèces vibrantes de la Caraïbe — telles que le poisson volant ou la cascadura — elle explore la manière dont la vie aquatique incarne la résilience, l’adaptation et la transformation à travers les âges. À travers le récit d’un poisson traversant des courants de changement et de survie, elle envisage la voix comme un médium sculptural, intégrant des enregistrements réalisés à l’aide d’hydrophones et de micros de contact dans le lac Léman à des couches vocales superposées. Le paysage sonore qui en résulte entremêle folklore, écologie et expression sonore, invitant le public à une écoute attentive du son en tant que force façonnée par les éléments naturels. Dans ce travail, l’eau devient à la fois mémoire et mouvement, faisant écho aux rythmes du monde et reliant les auditeur·rice·s à son flux continu.
Embaci, La Becque, 2026, photo Aurélien Haslebacher