Charlie Engman (US, 1987)
Période de résidence : mars-juin 2025
Pendant ma résidence à La Becque, j’ai développé un nouveau corpus de recherche centré sur les dimensions émotionnelles et esthétiques des images générées par intelligence artificielle. Ce travail a été mené en collaboration avec l’ECAL/École cantonale d’art de Lausanne et son programme de recherche Soft Photography, qui explore le rôle de l’émotion, de la sensibilité et de l’affect dans les pratiques photographiques contemporaines.
Dans la continuité de mon intérêt pour le corps, la visibilité et la circulation des images, j’ai abordé la résidence comme un temps de production ralentie et d’observation attentive, considérant l’IA non pas comme un outil d’efficacité, mais comme un espace d’ambiguïté, de projection et de charge émotionnelle. Plutôt que de chercher à produire des images abouties, j’ai envisagé le processus comme une recherche visuelle : générer, éditer et collecter des images afin d’observer les gestes récurrents, les échecs et les motifs affectifs au sein des productions algorithmiques.
Le projet examine la manière dont des technologies désincarnées produisent des représentations du corps qui peuvent sembler intimes, persuasives ou troublantes, ainsi que la façon dont ces images font écho aux logiques de la mode, de la publicité et des cultures de plateforme. Parallèlement au travail en studio, j’ai utilisé la résidence pour écrire et développer un cadre théorique reliant les images générées par IA à des questions plus larges liées au travail, au goût et à la visibilité. — Charlie Engman
Basé à Brooklyn, Charlie Engman est un artiste américain, photographe, éducateur et directeur artistique de la marque de mode durable Collina Strada. Sa pratique multidisciplinaire examine les dimensions sociales et émotionnelles de l’imagerie et de l’hyper-visibilité dans la culture contemporaine, en mettant l’accent sur le corps en tant que site de médiation entre le soi et l’altérité. Les travaux récents d’Engman intègrent l’IA générative et explorent la manière dont la technologie façonne et transforme les dynamiques visuelles et émotionnelles de la vie contemporaine. Son utilisation de l’IA interroge la façon dont les technologies désincarnées médiatisent les représentations du corps, de l’identité visuelle et de la production culturelle, offrant un aperçu critique de l’évolution des relations entre le travail, le capital et la créativité.
Charlie Engman, La Becque, 2025, photo Matthieu Croizier et avec l'autorisation de l'artiste